Bonjour Chers lecteurs. Comme les mois précédents, je suis allé à la rencontre de personnes pouvant nous édifier de par leur expérience, leur vie, leur philosophie à faire de chacune de nos familles le plus bel endroit d’apprentissage.

Ce mois de août, nous parlerons de la place de la religion dans l’éducation des enfants .  

Moi  c’est Wilfried Koffi, époux d’une Reine Mahouka . Bienvenue sur mon Blog.  Place à l’entretien.

 

Bonjour Yehni Djidji. Si vous deviez vous présenter aux lecteurs, ça serait ?

Bonjour, je suis chrétienne, épouse, mère et passionnée de lecture et d’écriture.

Merci pour cette présentation. Vous êtes une épouse mais surtout une maman. Que pensez-vous de cette affirmation :  » Faire des enfants, ne fait pas de vous automatiquement des parents » ?

Je dirai plutôt que suis aussi une Maman. (Rires). Je pense que l’affirmation met l’emphase sur le degré d’engagement, de connaissances et de sacrifices qu’il faut pour éduquer un enfant. Au-delà du fait d’être des canaux par lesquels les enfants viennent au monde, nous avons des devoirs envers eux, devoirs que tous les géniteurs n’arrivent pas forcément à assumer pour plusieurs raisons.

Les parents (…) doivent aider l’enfant à croître spirituellement, intellectuellement, physiquement et émotionnellement

 

Pour vous, quel est le rôle des parents dans l’éducation des enfants ?

Les parents sont des guides. Ils doivent aider l’enfant à croître spirituellement, intellectuellement, physiquement et émotionnellement entre autres, afin qu’il puisse être un jour un adulte épanoui et bien outillé pour être autonome et utile à la société. Pendant ce processus, ils ne doivent pas oublier d’enseigner par l’exemple.

Sur les réseaux sociaux, vous êtes plus portée sur le partage de votre foi chrétienne et aussi sur l’éducation de vos enfants selon cette même foi. Pourquoi est-il important de donner une éducation selon sa foi religieuse ? Dans votre cas le christianisme.

La logique veut que tout parent souhaite le bonheur de son enfant. Il veut que sa progéniture bénéficie du meilleur et fait tout ce qui est en son pouvoir pour créer les conditions pour que son vœu se matérialise. C’est dans ce sens qu’on essaye de les mettre dans les meilleures écoles, de leur offrir un bon cadre de vie, favoriser des voyages, des activités extra scolaires, leur apprendre les codes de survie en société etc. Cependant, en tant que chrétienne je sais que la vie que nous menons sur terre est une infime portion de l’éternité qui nous attend. Je crois que Jésus-Christ est le fils de Dieu, mort et ressuscité pour le pardon de mes péchés et que si je crois en lui je participerai à une éternité à ses côtés au Paradis au lieu de voir mon âme tourmentée en enfer. Je crois comme le dis Marc 16 : 16 : que « celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ». En tant que parent, la moindre des choses est de vouloir que mes enfants aient leur place au paradis également. C’est le meilleur que je leur souhaite. Je ne peux pas faire tant d’efforts pour l’éphémère et ne pas m’investir pour leur éternité qui est le plus important. Ma tâche au quotidien est donc de leur présenter Jésus, son sacrifice, ses enseignements, ses promesses dès leur plus jeune âge afin qu’ils puissent au moment venu faire le bon choix. Choisir Christ est une décision personnelle. On n’hérite pas cela de ses parents. Mon époux et moi leur montrons donc le chemin du mieux que nous pouvons.

 

 

Que pensez-vous de ses parents, nombreux, qui aujourd’hui pensent qu’inculquer la religion à leurs enfants, sous quelque forme que ce soit c’est leur faire un lavage de cerveau, empêcher que les enfants puissent se faire leur propre opinion en matière de religion ?

Je pense que c’est leur choix et leur droit. Ils ne pratiquent peut-être pas une religion eux-mêmes. Toutefois, pour ceux qui sont pratiquants et raisonnent de cette façon, je voudrais dire qu’on n’attend pas qu’un enfant soit grand avant de lui inculquer le brossage régulier des dents ou l’importance de manger équilibré. On ne demande pas l’avis d’un enfant pour aller à l’école ou non. Si on le faisait, le taux d’alphabétisation serait sûrement encore plus bas qu’il ne l’est déjà. On n’attend pas qu’il soit adulte avant de lui apprendre les mathématiques, la lecture, etc. Pourquoi on fait toutes ces choses sans demander l’avis de l’enfant ? Parce qu’on estime que c’est bon pour lui. On pense que c’est une bonne base, que c’est utile pour son développement. Il ne s’agit pas de lavage de cerveau mais de bon sens.  Si votre religion vous fait du bien, si vous pensez être dans la vérité, il est logique d’en faire profiter vos enfants.

Aux enfants, devons-nous leur apprendre à prier ? Leur faire lire la Bible ? Les inscrire au catéchisme et leur faire leur première communion ? Bref, dans votre condition de chrétienne qu’elle serait votre réponse à ces interrogations ?

« Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » Proverbes 22 :6

Je crois qu’il faut enseigner l’enfant dès son jeune âge afin que les préceptes enseignés s’intègrent durablement à son mode de vie. La vie chrétienne s’est faire la volonté de Dieu. Or, pour faire la volonté de quelqu’un il faut la connaître. J’organise donc des activités avec mes enfants pour qu’ils connaissent la volonté de Dieu. A ce niveau lire la Bible est une évidence. Nous croyons qu’elle est la parole de Dieu. Il y a aussi la prière qui est une conversation avec Dieu. Elle permet de nourrir votre relation et de recevoir des directives plus approfondies et plus personnelles. Paul compare la vie chrétienne à une course et il a raison.  Ce n’est pas une course de vitesse mais une course d’endurance. Nous sommes dans cette course jusqu’à ce que Christ nous rappelle à lui ou revienne. Nous devons donc comme les athlètes de haut niveau nous imposer certaines disciplines pour remporter la course et faire plaisir à notre Dieu et nous devons apprendre ces disciplines à nos enfants. Je lisais récemment « Femme de Dieu exerce toi à la piété : les disciplines spirituelles d’une femme attachée à Dieu » de Barbara Hugues. Elle y détaille plusieurs de ces disciplines. On y découvre notamment la discipline au service de la piété, la discipline de l’évangile, la soumission, la prière, le culte, l’esprit, le contentement, la bienveillance, la persévérance, la bienséance, la persévérance, l’Eglise, la discipline du célibat, du mariage, des bonnes actions, du témoignage, de l’offrande et enfin la grâce de la discipline. C’est un ouvrage très édifiant. Il existe une version dédiée aux hommes écrite par son époux, Kent Hugues. J’ai vu qu’il existe aussi une version pour la famille qui n’est pas encore traduite en français. Je compte l’acquérir pour avoir encore plus de détails pratiques sur le sujet.

 

Si votre religion vous fait du bien, si vous pensez être dans la vérité, il est logique d’en faire profiter vos enfants.

Dans l’éducation des enfants, quelles attitudes les parents doivent-ils éviter ?

Il y a de nombreuses attitudes susceptibles de saboter l’éducation des enfants. Je vais en citer quelques-unes :

  • Etre un contre-exemple de ce qu’on enseigne. Les enfants apprennent plus par l’imitation. Ils accordent plus d’importance à ce qu’on fait qu’à ce qu’on dit.
  • Se décourager. Il faut être persévérant avec les enfants. Il faut être constant dans l’effort. J’ai été agréablement surprise de voir qu’en faisant tous les jours la même chose, même mon fils de 2 ans au bout d’un certain temps arrivait à réciter le Psaumes 23 dans son babillage enfantin alors qu’à cet âge on demande de leur apprendre des versets très courts.
  • Compter sur l’école, les nounous, la société pour éduquer l’enfant. Eduquer un enfant demande de l’engagement personnel et du temps. La contribution des autres ne nous dédouane pas de mettre la main à la pâte. C’est d’abord l’affaire des parents.
  • Faire des comparaisons. Il ne faut pas comparer vos enfants entre eux ou avec les enfants des autres.

 

Pensez-vous qu’une bonne Relation conjugale est gage d’une éducation des enfants réussie ? Ça sera votre conclusion.

La famille est le premier cadre de vie de l’enfant avant qu’il soit en âge d’aller dehors. C’est là qu’il fait ses premiers pas en société. La famille doit donc être un cadre sain et favorable à l’épanouissement des enfants, à l’éclosion de leur potentiel, au développement de leur créativité. Et je suis convaincue qu’une bonne relation entre les parents est indispensable pour rendre ce cadre vraiment sain et favorable.

Je l’ai dit tantôt les enfants sont des imitateurs. Qu’on le veuille ou non, notre relation de couple va influencer leur manière de vivre leur propre relation de couple quand viendra le moment. Mon fils de 6 ans parle souvent de son mariage. Il veut qu’on choisisse des vêtements et des chaussures. Il y a des choses qu’il me demande de lui apprendre pour qu’il sache le faire quand sa femme en aura besoin. Parfois quand nous posons certains actes mon époux et moi, il demande si lui aussi quand il sera grand il pourra faire cela avec sa femme. Je suppose que c’est parce qu’on lui renvoie une image qu’il aime. Mon époux rappelle souvent aux enfants qu’en plus d’être leur Maman je suis aussi sa femme et qu’ils ne doivent pas me fatiguer. Il n’est pas rare d’entendre le plus grand parler de nous comme « le mari de maman ou la femme de papa ».

La bonne relation conjugale est aussi un ingrédient de réussite de l’éducation en ce sens qu’elle permet d’harmoniser le projet éducatif. Il y a des familles ou maman permet ce que papa interdit et vice-versa. Un conjoint punit et l’autre vient lever la punition. C’est perturbant pour les enfants qui finiront par préférer le conjoint moins sévère à l’autre. Bien entendu cela va troubler l’harmonie familiale et perturber leur vie future.